CLOBERT J.-B., Leçons d’hygiène et d’antialcoolisme (1923)

A la lecture de l’ouvrage de J.-B. CLOBERT, Leçons d’hygiène et d’antialcoolisme : à l’usage des élèves, garçons et filles des écoles primaires, des cours d’adultes et des sections préparatoires des écoles moyennes” publié à Namur vers 1923 (cfr. fiche bibliographique de l’IHOES), on peut découvrir la “modernité” de certaines méthodes pédagogiques et de prévention. Loin d’être une brochure d’aujourd’hui, lookée par un bureau de communication pour mieux servir la santé publique, le petit ouvrage de Clobert sacrifie plutôt à une approche humaniste où les savoirs proposés voisinent avec des chansons , des poèmes, des historiettes et des anecdotes. A chacun de jauger, à la lecture, si les arguments déployés ne témoignent pas d’un paternalisme excessif envers les “petites gens” et d’une mentalité trop bien-pensante, qui n’hésite pas à sombrer dans un clivage tranché, à l’encontre du vivre-ensemble. Le débat est ouvert, nous l’alimentons avec le PDF que vous pouvez télécharger en cliquant ci-dessous et avec quelques extraits bien sentis…

Le buveur et le cabaretier
(parodie de la fable : La cigale· et la fourmi)

Le buveur s’étant grisé
Tout l’été,
Vit sa bourse fort grelue
Quand la grève fut venue.
Dans la poche plus un sou ;
Logis vide, tout au clou.
Chez ses mastroquets intimes,
Il quêta quelques centimes
Afin qu’il put s’acheter
Du pain bis, pour subsister
Jusqu’à ce qu’un peu de veine
Le fit sortir de la gêne.
– Je vous paierai, leur dit-il,
– Bien sûr le premier avril.
Les débitants veulent prendre
Les salaires, mais point rendre.
– Que faisais-tu, grand buveur,
Dit l’un d’eux à l’emprunteur,
Quand, à la saison dernière,
Tu touchais ta paie entière ?
– Nuit et jour, chez toi venant
Je buvais, ne te déplaise.
– Tu buvais ? j’en suis fort aise ?
Eh bien ! jeûne maintenant.

Eauderoche

Réponse d’un enfant

A de jeunes enfants, je faisais la leçon
Sur le vin, sur l’alcool et sur toute boisson ;
Je leur disais que l’eau, de toute, la moins chère,
Est aussi la meilleure et la plus salutaire.
Puis je leur demandais presque à bâtons rompus .
– “Pourquoi ne faut-il pas des boissons faire abus ?
Pourquoi ne devez-vous pas boire d’eau-de-vie ?”
Un enfant de sept ans, à la mine blêmie,
L’air souffrant, me répond : “Moi, Monsieur, je sais ça :
Pour ne pas me saouler comme le fait papa.”

EM. MAILLET, instituteur

L’ivrogne (SONNET)

L’ivrogne est, sur le monde, un hideux phénomène,
Un corps exsangue et blême où l’alcool, ce poison,
N’a pas laissé survivre un semblant de raison,
Pour le livrer, inerte au vice qui le mène.

L’ivrogne est tout au plus un monstre à face humaine,
Où grandissent les mœurs de la bête, à foison ;
Brebis au cabaret qui lui prend sa toison,
Il est tigre au taudis qui lui sert de domaine.

L’ivrogne est l’ogre noir aux grossiers appétits,
Le bourreau de sa femme et de ses chers petits,
Qui vont souffrant la faim sous leurs sales guenilles.

L’ivrogne est le fléau de la société,
Le destructeur cruel des cœurs et des familles,
La honte de ce siècle et de l’humanité !

J. DELANGE

Problème 2

Un homme avait la mauvaise habitude de dépenser chaque jour 0,25 franc en boissons et 0,20 franc pour du tabac. Chaque dimanche, il dépensait au  cabaret autant que pendant 3 jours ordinaires. Actuellement, il ne fume plus et ne dépense plus que 0,40 franc chaque semaine pour boissons. De combien d’ares de terrain à 94,90 francs peut-il devenir propriétaire à la fin d’une année depuis son changement de conduite ?

Exercice : lettre de reproches et de conseils

Votre frère, jeune soldat en garnison dans une grande ville, fréquente des  camarades de débauche. Vous lui écrivez pour l’engager à renoncer à leur société. Vous lui rappelez les sages exhortations de son père, au moment du départ ; vous lui dépeignez le chagrin des membres de la famille qui redoutent les entraînements de mauvais exemples ; vous lui donnez enfin des conseils sur les moyens d’utiliser ses moments de loisir.

Canevas de la lettre

INTRODUCTION : Votre peine ; reproches au nom des parents.

      • A. Danger des mauvaises compagnie : Propos grossiers; habitude du cabaret ; folles dépenses ; débauche ; dégoût du service ; punitions.
      • B. Sages exhortations du père : Respect et obéissance envers ses chefs ; exactitude au service ; choix d’amis convenables.
      • C. Chagrin de la famille : Craintes du père (proverbe) ; larmes de la mère ; tristesse de la sœur.
      • D. Moments de loisirs : Promenades en bonne compagnie ; distractions honnêtes ; lectures instructives et intéressantes.

FINALE : Votre espoir ; demande de nouvelles rassurantes.
Formule affectueuse.

Conseil aux ménagères

Exercez-vous à tous les travaux du ménage, apprenez à faire la cuisine. Les mets les plus ordinaires ont encore de la saveur lorsqu’ils sont bien préparés. Non seulement dans la classe ouvrière, mais dans toutes les classes de la société, les bons ménages sont ceux où la femme est habile ménagère. Rien n’entretient la gaieté et la bonne humeur comme les bons repas pris en commun. Ce serait une erreur de croire que la préparation de mets savoureux doive nécessiter de grandes dépenses. Les ménages où l’on se nourrit le mieux ne sont pas ceux où l’on dépense le plus, car c’est ici que doit s’exercer l’art de la ménagère…